Natureman L var : comme le temps file….
Je reviendrai dans les Gorges du Verdon profiter de la longue distance. Voilà la réflexion que je m’étais faite lors de ma 1ére édition au Natureman.
Mais le calendrier est parfois cruel. C’était il y a 6 ans déjà ,en témoigne le récit de l’époque.
Mais mieux vaut tard que jamais. Fin 2024, j’avais donc coché ce rendez-vous de fin de saison pour profiter de la douceur du sud et des merveilleux paysages du lac de Sainte-Croix.
En retombant sur mon inscription, je note qu’il s’agit d’une épreuve pas donnée : 215€ tout de même !
Natureman L var : la logistique
Rentrée scolaire pour les enfants, quasiment 5h de route, cela me paraissait trop pour les emmener avec moi. De plus, il me fallait absolument partir dès le vendredi pour récupérer mon dossard. Le départ de la course était programmée le samedi matin et l’organisation ne distribuait pas les dossards le jour J.
Nous partons avec Ninnie à 9h30 pour parcourir les 380km et rejoindre les Salles-sur-Verdon. Avec un timing large, cela évitera le stress inutile.
Après une semaine capricieuse côté méteo, la fin de semaine s’annonçait plus douce et plus ensoleillée. Une aubaine pour l’épreuve.
Arrivés sur place à 15h30, nous rejoignons le village départ pour récupérer mon dossard. Quelques courses pour avoir de quoi s’alimenter et nous regagnons notre lieu de séjour à Aiguines, village qui surplombe le lac.
Petite déambulation dans le village pour découvrir les petites ruelles, le château, les nombreux artisans travaillant le bois et enfin le spectaculaire point de vue sur le lac de Sainte-Croix.
Une soirée plutôt courte car le réveil s’annonce matinal.
Présentation du Natureman L
En 2019, c’est au travers du format M que j’avais découvert l’épreuve. Séduit par les paysages, je voulais revenir pour participer à l’épreuve longue distance.
2000m de natation / 90km de vélo D+1400m / 20km de course D+260m : un véritable format L classique en distance et exigeant sur les dénivelés.
Près de 500 concurrents sur la ligne de départ.
L’objectif
Profiter, prendre du plaisir et essayer de rehausser mon niveau à vélo. Je n’ai pas encore réussi à faire une belle prestation à vélo depuis le début de la saison. J’espère y remédier.
Et puis être au moins dans le top 100, je ne suis pas assez confiant sur mon niveau de vélo pour me risquer à un meilleur pronostic.
L’avant-course
J’arrive sur les lieux assez tôt comme à mon habitude. Je n’aime pas me presser, j’aime regarder autour de moi, m’installer tranquillement, prendre quelques photos.

1er couac, les consignes n’ont pas été très claires. Je pensais qu’il y avait une consigne pour nos sacs, en fait pas du tout. Ce qu’ils ont appelé le sac d’après-course est en fait le seul avec lequel nous sommes autorisés à pénétrer sur le parc de transition.
Fort heureusement, ce fameux sac est resté dans le coffre et pas à l’appartement. Un aller/retour à la voiture, un peu de transfert d’affaires et je peux enfin m’installer dans le parc.

En triathlon, j’aime à le répéter, ça ne rigole pas avec les règles. C’est même parfois un peu pénible. Au moins ça t’apprend la discipline.

Ensuite c’est le rituel habituel, crème anti-frottement aux points sensibles et aux chevilles pour que la combinaison glisse mieux à la transition.
Puis enfilage de combi 30 minutes avant le départ. Pas d’échauffement, je n’en ai pas envie, il est trop tôt.

Natureman L : la course
Au même titre que l’on est strictes sur les règles, les départs sont prompts. A 9h15, le départ est donné.

Un départ difficile, dans le troupeau mais les comportements sont plutôt corrects dans l’eau.
A partir de 200-300m, ça commence à se clarifier et l’horizon est plus dégagé. Une longue ligne droite de 800m avant la première bouée main gauche.
Puis de nouveau une longue diagonale de 750m environ pour attraper la 2ème bouée main gauche.
Rien à signaler sur ce tronçon de course. Je suis à mon aise même si j’ignore si mon rythme est bon ou pas.
L’eau est transparente, qu’ils sont beaux ces lacs de montagne épargnés par la pollution.
Suite au passage de la 3ème bouée main droite, nous tournons face au soleil et là c’est la nage à l’aveugle.
Il faut faire confiance à ceux qui vous précèdent en espérant que le cap est le bon. Moi, je ne vois absolument rien avec ce soleil levant. C’est beau mais c’est surtout éblouissant.

Sortie de l’eau en 36min12sec pour 2000m, compte tenu des 8 semaines d’arrêt cet été et une reprise début septembre, ce n’est pas si mal et je ne pouvais pas vraiment espérer mieux. Je me suis plutôt bien senti dans l’eau.
Pédaler
Une transition plutôt correcte, même si je prends le temps de bien m’équiper. Comme nous partons pour 90km et que le fraîcheur est encore présente, je privilégie mon confort thermique.

Le début du parcours ne m’est pas étranger. Cette boucle de 25km est celle que nous empruntons à 2 reprises sur le format M.
Globalement une boucle très rapide avec une difficulté majeure une bosse de 9km pour atteindre le village d’Aiguines.

J’ai en tête mon rythme de l’époque, et ça ce n’est pas bon. Même si je trouve que je monte bien, ce n’est pas suffisant.
La route se poursuit sur un profil plutôt roulant jusqu’au 38ème km. Et là c’est le mur du parcours. Une côte de 2.5km, 10% de moyenne, des passages à bien plus. Je suis en danseuse, debout sur les pédales, ce n’est pas une partie de plaisir.
Quand la batucada nous accueille en haut sur le plateau c’est un sacré soulagement.
L’enchaînement est beaucoup plus facile. Un long faux plat descendant de 20km. Il faut jouer du gros mollet mais comme souvent, à la bataille avec les vélos aéro carbone, ce n’est pas moi qui gagne.
Les 2 dernières bosses, pourtant pas si difficiles, je ne les passe pas très bien. Voir le compteur bloqué à 17km/h quand la pente n’est que de 4%, c’est frustrant.
Et bien évidemment, je me doute que ce n’est pas bon pour le chrono.
Vraiment, cette année c’est compliqué le vélo. Dommage, je suis plutôt bien sur les parties roulantes.
Retour au parc de transition après tout juste 3h de vélo, soit une moyenne de 30.2km/h. Il manque sans doute 1km/h pour jouer les bons rôles.

L’incertitude est maintenant de savoir comment mon corps va réagir à la course à pied. J’ai retenu la leçon de ma dernière épreuve longue distance en Ardèche. C’est pourquoi je me suis alimenté régulièrement tout au long du parcours vélo. Et juste avant de repartir à pied, je remets encore un peu d’énergie dans le corps.

Courir
Un parcours course à pied, très plaisant, très joueur, varié, à la limite du trail, parfait remède contre la monotonie.

Et dès le début, je sens que j’ai une patate d’enfer. Mais il n’y a pas 5km, il faut tenir 20km.
Mais je suis incroyablement détendu, efficace. A chacun des kilomètres qui s’écoulent, je veille une petite faiblesse mais les chronos sont indiscutables. Mon rythme est régulier et soutenu, pour mon niveau remettons les choses en place.
Un premier 10km bouclé en 45min30sec où je me suis toujours senti en pleine maîtrise. Reste à faire aussi bien pour les 20km restants.



Tout reprend de la même manière même si les kilomètres commencent à peser et je sens bien que ce n’est plus aussi « facile ».
Mais même avec la fatigue, le verdict du chrono reste très positif.
Puis au 15ème, je ressens les sensations du coup de moins bien qui arrive. J’espère qu’il ne sera pas brutal.

Mais au 16ème, le coup de bambou est impitoyable ! Et je rentre définitivement dans le dur pour les 4 derniers kilomètres. Ninnie a beau essayer de me convaincre que je ne suis pas cramé, mes jambes et mon cerveau répondent le contraire.

Bien entendu, ce n’est pas dramatique, je dois perdre entre 30 et 45 secondes au kilomètre. C’est juste décevant pour soi-même de ne pas terminer cette course de manière pleine et contrôlée.
Il va falloir un jour que je comprenne qu’en fin de parcours, je ne peux pas tourner qu’à l’eau. Une barre, un gel, ou tout autre chose m’aidera forcément à ne pas avoir ce mur de la perte d’énergie.

Natureman L : résultats et classements
Temps scratch : 5h19min25sec (+1h12min18sec du vainqueur) – Classement complet ici
Classement scratch : 48ème sur 474 finishers (24 DNF, 5 DNS, 1 DSQ)
Catégorie V2M (45-49ans) : 5ème / 47
Master (tous vétérans confondus) : 12ème / 225 (Je salue un M6, catégorie 65-69ans, 74ème au scratch !!!)

Temps et classements par discipline :
Natation (2000m) : 36min51sec (1min49secsec au 100m), 131ème / 474
Transition 1 : 3min38sec, 261ème / 474
Vélo (91km / D+1400m) : 3h02min16sec (moyenne 30.2km/h), 66ème / 474
Transition 2 : 2min08sec, 110ème / 474
Course à pied (20km / D+260m) : 1h34min32sec (4min43sec au km), 33ème / 474
Bilan de l’expérience
Globalement très content de ce Natureman format longue distance, la note est très positive même s’il y a quelques regrets.
Pour la première fois de ma vie de triathlète, je trace une trajectoire rectiligne en natation ! J’avais même fini par croire que c’était la montre qui n’était pas fiable dans l’eau. Mais visiblement c’est faux. Quand le cap est suivi, Strava le confirme. Tellement rectiligne que j’ai pile poil les 2000m de distance !

Côté chrono aucune ambition, la simple volonté de tenir la distance. C’est passé crème.
En vélo, je sais ce qu’il manque. Je n’arrive pas (plus) à emmener des rythmes suffisants dans les pentes. S’ajoute à cela des parties roulantes qui sont plus exigeantes, donc source d’énergie lorsque tu n’as pas le matériel adapté. Bref pas de quoi jouer le top 50 même si je m’en suis approché jusqu’à la mi-course (51ème) pour ensuite rétrograder.
La bonne surprise c’est la course à pied. Je me suis moi-même surpris. La déception des 4 derniers kilomètres est d’autant plus grande. J’aurais tant aimé tenir jusqu’au bout. Au plus haut du classement, j’étais 25ème au bout de 15.2km, pour ensuite perdre 8 places et finir 33ème. Malgré tout, c’est la seule discipline dans laquelle j’ai tenu mon rang des années passées.
Une belle maîtrise générale, preuve que je peux encore m’aligner sur de la longue distance.
Côté épreuve, le voyage est long mais le cadre en vaut la peine. Les parcours sont très sympas, variés, exigeants. Le lac est somptueux. Certes, mon vœux était de parcourir la route des Gorges mais le tracé ne l’emprunte plus. Et puis quand la météo est au rendez-vous, cela facilite grandement les choses.
Une bonne organisation, une armée de bénévoles, soutenue par l’ambiance assurée par les batucadas, c’est chaleureux.
Un joli poncho comme cadeau pour se changer sur la plage. Mais toujours pas de médaille de finisher pour une épreuve qui le mériterait !
Merci à Ninnie pour les encouragements nourris comme toujours et les beaux clichés souvenirs !
Et pour la suite ?
La suite c’est une fin de saison qui va se terminer à Cassis. Une longue histoire d’amour avec ce triathlon, ce sera déjà ma 4ème participation.
Entre temps, il y aura le Run in Lyon, déjà passé à l’heure où j’écris ces lignes donc je peux en toucher quelques mots car je n’en ferai pas tout un article.
A l’origine, j’y étais allé pour le faire à la cool. Sauf que, la jauge de 33 000 personnes devient excessive, je n’ai pas vu un seul collègue de boulot (nous participions avec l’ensemble de la boîte – 45 personnes). Perdu pour perdu, je me suis motivé pour boucler les 10km en mode sportif plutôt que farniente.
Au final, un rythme de 4min au kilomètre sur les 10km qui a confirmé ma bonne forme 1 semaine auparavant dans les Gorges du Verdon.
Mais vraiment, un retour à 30 000 personnes serait souhaitable. Déjà que je ne suis pas fan de ces épreuves en ville, mais lorsque vous avez l’impression de courir sur le périph, désolé ce n’est pas ma came.
Au moins, j’ai un beau t-shirt et une médaille (en bois) !